Joann Sjolander

J’ai grandi dans une petite ville au nord du Minnesota où j’y ai vécu des jours heureux, ayant la liberté de jouer sans soucis, j’étais plutôt intrépide. Mes parents aimaient Dieu, toutefois, ils le démontraient de manières très différentes. Ma mère était très active auprès de sa congrégation Luthérienne et elle citait fréquemment la Bible. Mon père, quant à lui, allait rarement à l’église. À la fois Franc Masson et Schreiner, il préférait demeurer à la maison, s’adonnant à la lecture et la méditation. Il nous demandait, à ma sœur et moi, si nous avions souvenir de nos vies antérieures. Et il nous posait la question suivante:  »Tu es heureuse ? » Avec le recul, je constate que le fait de vivre exposée au système de valeurs de mes parents a été très bénéfique pour moi et j’ai été fortement influencée par leur propre quête en quelque chose de plus grand que ce monde.

Après ma graduation du collège, je me suis mariée avec le meilleur ami de mon cousin. J’ai su dès notre première rencontre, quelques moi auparavant, que nous allions nous marier. Nous nous sommes installés à Minneapolis où j’y ai poursuivi mes études supérieures et je suis devenue professeur. Plusieurs années plus tard nous partions, avec notre jeune fils, pour Denver, mon mari ayant trouvé un nouvel emploi. Pour ma part, j’y ai poursuivi ma carrière en enseignement.

Un jour, après la classe, le père d’un de mes élèves me demanda si je serais intéressée à rencontrer son enseignant spirituel lors d’une prochaine visite de celui-ci. Cette invitation m’a surprise mais je me suis sentie forcée d’accepter. J’avais lu déjà plusieurs livres ayant pour sujet la spiritualité, et de désirais apprendre à méditer. Alors, il m’apparaissait que le moment était parfaitement choisi. Suite à ma rencontre avec cet enseignant – un maître Sufi – je devins membre au sein de cette nouvelle cellule établie à Denver. Je ressentais un lien très fort envers cet enseignant. Je n’avais aucune idée de ce qu’était un Sufi mais je ne pouvais nier que mon cœur s’épanouissait. C’est ce que notre enseignant décrivait  »Le rappel divin à la conscience ». Toutefois, mon engagement envers la communauté Sufi a suscité plusieurs conflits à la maison. Mon mari devenait de plus en plus impatient à cause de mes absences, qui avaient lieu lors des visites du maître, et il se plaignait de me voir distante envers lui. Je ne pouvais lui expliquer à quel point ce cheminement spirituel me semblait curieusement familier et à quel point j’aimais les chants et les prières.

C’est dans cette communauté que je fis la connaissance de Margie, qui était alors la directrice du groupe, et j’admirais son dévouement. Meera nous rejoignit à l’invitation de Margie et nous nous sommes liées d’amitié. Huit ans plus tard, Margie fût guidée à quitter le groupe. Elle avait affirmé qu’elle demeurerait Sufi jusqu’à sa mort. Cela a eu l’effet d’un choc pour moi ce qui m’a incitée à me questionner sérieusement à propos de ma vie. J’ai alors choisi de quitter la communauté Sufi au grand soulagement de ma famille. Meera quitta le groupe également et je n’avais aucune idée sur ce qui adviendrait par la suite.

Alors que j’approchais du temps de la retraite, j’ai fait du yoga, touché à l’art et passé beaucoup de temps dans la quiétude de la méditation. Quelques mois plus tôt, le gardien de l’école m’avait offert  »Et l’univers disparaîtra » de Gary Renard et sa lecture est devenue rapidement une obsession quotidienne. J’étais persuadée que Margie et Meera devait en faire la lecture et c’est alors qu’ont débuté nos débats sur les vues radicales qui étaient révélées par deux maîtres ascensionnés qui apparaissaient chez lui. Et l’univers disparaitra comprenait 365 citations d’un livre intitulé Un Cours en Miracles. Il n’en fallait pas plus pour nous inciter à étudier Le Cours – un livre qui reposait sur l’étagère de ma bibliothèque depuis près de vingt ans.

Maintenant à la retraite, ma vie allait bien; je partageais avec des amies chères une voie spirituelle que j’aimais tout autant. Je me plaisais autant en compagnie de ma famille que dans mes moments de solitude. Mais une pensée me traversait l’esprit:  »Si je meurs à soixante ans, je pourrai me dire que j’ai eu une vie acceptable. » Acceptable? Cette pensée me surpris car je ne me sentais pas dépressive. Toutefois, je ressentais qu’il me manquait quelque chose.

Un Cours en Miracles stipule que nous devons oublier tout ce que nous avons appris ou crû en tant que soi égotique. Nous devons ouvrir notre cœur et désormais écouter la Voix de Dieu; qui est le Saint-Esprit. En écoutant cette Voix et en Lui accordant le rôle de guide, Elle nous amène à s’éveiller du rêve. Malgré toutes mes années d’étude, je n’arrivais pas à saisir de quelle manière je parviendrais à entendre cette Voix. Je voyais toujours le monde avec un regard imprégné de jugement. Je n’avais encore saisi que je projetais ces pensées de culpabilité et de peur sur tous et chacun car j’étais incapable d’accepter que ces pensées reflétaient réellement ce que je croyais sur moi-même. Lorsque j’en fit la constatation, l’oeuvre de Byron Katie, intitulée The Work, croisa ma route. C’est alors que j’ai débuté à remettre en question toutes mes pensées et mes croyances qui me causaient du stress. J’ai pratiqué la réappropriation de mes projections sur autrui, les reportant plutôt à ma personne. De cette pratique, il en résulta une compréhension empreinte de compassion en admettant que je voyais les autres en fonction de ma propre vision de moi-même. Ma croyance au monde de séparation s’affadissait.

Margie, Meera et moi partagions tout ce que nous pouvions apprendre et particulièrement ce que nous devions désapprendre. Lorsque Margie commença à entendre la Voix du Saint-Esprit, elle nous en fit part immédiatement. Une fois les messages devenus affaire quotidienne, Margie nous transmettait par courriel chaque message afin que nous puissions en discuter. Si nous lui posions des questions, elle insistait à ce que nous Lui demandions à propos de tout, puis d’attendre, tranquillement assises, et écouter. Ce qui devint par la suite notre façon de faire. À ce moment là, je n’avais encore aucune idée que, de ces messages, viendrait pour moi, une fonction particulière.

Après avoir lu les messages quotidiens pendant des mois, j’ai fait un rêve dans lequel on me demandait de devenir réviseure et dans ce rêve, j’ai accepté. À mon réveil, j’ai d’abord pensé à ma formation d’enseignante. Lorsque Margie m’informa qu’elle avait reçu la même information – ma nouvelle fonction à titre de réviseure du livre – je me suis mise à sourire. Ce n’est que plusieurs mois plus tard toutefois, suite à une lecture entreprise avec un oeil de réviseure, que je pris conscience que ce travail ne consistait pas seulement à placer des virgules au bon endroit ou encore à décider des mots qui porteraient une majuscule. Mais c’est ce que je devais croire afin d’entreprendre ce travail.

Je découvris rapidement, qu’à travers le processus de révision dans lequel chaque mot est dit lentement à haute voix, j’entrais profondément en lien avec le message et ce, au-delà des mots et entre les lignes. Cette expérience porta ma communication avec le Saint Esprit à un haut niveau de compréhension alors que je désirais Son aide chaque fois que je tournais une page. J’ai également obtenu de l’aide technique à chaque fois que je rencontrais un problème de cet ordre. Mon mari, Gary, le scientifique, l’ingénieur, nous a patiemment soutenu grâce à ses connaissances en informatique. Ayant désormais une cause commune sur laquelle joindre nos efforts, ma relation avec Gary est devenue plus solide et plus agréable que jamais et pour cela, je suis des plus reconnaissante. Il dit souvent,  »Dieu utilise des voix mystérieuses ».

Je ne me questionne plus sur le sens de ma vie. Maintenant, je sais qu’elle consiste à partager la joie d’entendre la Voix du Saint-Esprit. Grâce à Son aide, je peux me réjouir de tout ce qui se présente – que ce soit de jouer du ukulele avec Margie, apprendre à Nia une routine de Meera ou simplement faire la lessive. En tout, je donne l’impression que je fais, je fais seulement ce qu’il me demande de faire. Il est aux commandes, nous disant Continues de vivre par Ma Parole, de faire par Ma Parole et de connaître à travers Moi. Je Lui demande tout au long de la journée de me faire connaître Ses directives. Et j’ai confiance qu’il m’éveille du monde du rêve lorsque j’oublie que c’est mon rêve.